Il portait la longue tunique bleue des fusiliers indigènes, aussi appelés gendarmes maures. Sa tête spirituelle, rasée et enfoncée dans le capuchon du burnous, nous plut au premier coup d'oeil.
Sur le seuil de la porte, il fit le salut militaire, et, dans une attitude respectueuse mais digne, attendit les ordres du commandant supérieur.
—Tu conduiras madame et ces messieurs au Djurjura.
—J'aurai cet honneur, colonel.
—Tu les accompagneras jusque chez Ben-Ali-Chérif, ou plus loin, s'ils le désirent.
Le Kabyle s'inclina.
—Tu leur procurera pour demain matin cinq bons mulets, quatre pour eux et un cinquième pour les bagages.
—Un sixième pour toi, Bel-Kassem, dit madame Elvire.
Bel-Kassem la remercia par un salut accompagné d'un sourire comme on n'en sait plus faire depuis l'ancienne cour. Les Kabyles sont des modèles de politesse; il est très-rare de rencontrer un rustre parmi eux. Par l'aisance autant que par la noblesse native de leurs manières, les barbares du Djurjura font honte aux civilisés d'Europe.
En sortant de chez le commandant supérieur, nous redescendions vers l'hôtel, lorsque Bel-Kassem accourut, et, s'inclinant devant madame Elvire: