A ce moment Albert, à travers le parc, cherchait et appelait sa sœur, que demandait la comtesse.
Les jeunes filles allèrent à lui.
— Dis-lui n’importe quoi ! fit Pauline à voix basse. Il faut lui parler, attirer son attention.
— Je ne sais pas quoi dire ; et surtout, quand on me dit : « Parle ! » ça me paralyse.
— N’importe quoi ! ce que tu voudras, mais parle ! qu’il te remarque !
Annette prit son élan comme pour sauter à la corde.
— Est-ce que vous me trouvez embellie ? interrogea-t-elle brusquement, avec un grand sérieux comique, dès qu’elle fut près d’Albert.
La question, ainsi posée d’un ton audacieux, isolée des motifs qui la provoquaient, des conseils et des insistances de Pauline, étonna Albert. Ce n’étaient point là les façons fines, discrètes, douces, d’Annette. Et, en riant, sans volonté de malice, il répondit :
— Oui…, mais enhardie, mademoiselle !… Allons, viens vite, Pauline, je suis chargé de t’emmener.
Et il s’éloigna.