— Vous n’aurez rien ! dit Paul aussitôt.
Ils se regardaient tous deux, face à face.
— Je vais vous expliquer pourquoi vous n’aurez rien, dit Paul. Tout simplement parce que vous pourriez croire que j’ai eu peur… et c’est ce qu’il ne faut pas. Maintenant, comme votre femme et votre enfant ne doivent pas porter la peine de votre méchanceté, j’irai les voir ; et, — si vous n’avez pas menti, — je m’occuperai d’eux. Quant à vous, je vous engage à me laisser l’arme quelconque que vous avez là, — dans cette poche. On n’arrive à rien de bon, avec ça, croyez-moi.
Il y eut un court silence. Paul lui demanda :
— Qu’est-ce que vous faisiez… avant ?
— Commis aux écritures, chez un marchand de bois.
— Voulez-vous du travail ? répondit Paul. Je vous en ferai avoir, — ou bien je vous emploierai moi-même, si vous voulez.
Il considéra un moment l’homme, qui se taisait, les yeux baissés.
— Et si je fais cela, savez-vous pourquoi je le ferai ? Ça ne sera pas seulement pour vous donner du pain… Je vais vous expliquer mon idée. Peut-être qu’ayant été employé aux écritures vous êtes assez instruit pour me comprendre. Essayez donc. Voici. Je vous aiderai, — entendez-moi bien, — parce que, moi, j’aime les coupables…
Ces trois derniers mots furent dits avec une simplicité douce, pénétrante.