— Oh ! dit l’abbé rassuré tout à coup, — c’est l’hérésie de la bonté, cela !

Il souriait.

— Vous aussi, mon pauvre abbé ! Vous voilà hors de l’Église !

Mais le bon prêtre ne voulait pas répondre plus longtemps sur ce sujet-là.

— Voyons, voyons, ta femme, dit-il, ta femme, si tu crois que je ne peux rien pour elle, — toi du moins essaye, domine-toi, sois-lui bon… On ramène toutes les âmes, par la tendresse et la pitié.

— C’est ma religion que vous formulez là, d’un seul mot, l’abbé… Mais je ne peux plus être bon ni tendre avec elle…

— Et pourquoi, mon fils ?

Paul devint sombre.

— Je vous l’ai dit : parce que je ne l’aime plus, et que je la désire encore… Je suis forcé de paraître dur, cruel même, avec elle ! Si, dans ma volonté de la sauver d’elle-même, je montrais à cette femme de la pitié et de la tendresse, elle n’y verrait que l’occasion de m’attirer en bas, et, — je le sens avec épouvante, — elle n’y aurait aucune peine !… La passion vicie tout ; elle empoisonne la pensée ; elle fait dévier l’action… Ah ! si j’avais encore votre Dieu !

— Que veux-tu dire ? s’écria l’abbé, — qui, cette fois, n’en crut pas ses oreilles.