— Paul, dit gravement Albert, tu ignores, et tu aurais dû ne jamais connaître, que mon amitié sûre, ferme, inébranlable, a fait un jour à la tienne le plus grand des sacrifices. Mais comme la pensée de ce sacrifice doit peser dans la balance, pour les décisions que tu as à prendre aujourd’hui, j’ai le devoir de te le dire.

Paul, les yeux fixes, écoutait ardemment.

Albert reprit :

— Quand tu m’as révélé ton amour pour Mademoiselle Déperrier…

Il s’arrêta. Il y eut une demi-seconde de silence pendant laquelle ils entendirent battre leurs cœurs…

Le marin acheva d’un seul coup :

— … je l’aimais !

— Albert ! cria Paul.

Et, frappé de douleur et d’effroi, comprenant, avec tout le passé, tout le présent, il chancela, cachant ses yeux avec ses mains, et tomba de tout son long sur un divan. Un sanglot lui gonfla la gorge et ne sortit pas.

Et se relevant aussitôt :