— N’ai-je pas le droit d’avoir un ami ?
— Non, — si cet ami est le mien !
Elle affirma énergiquement :
— Paul ! vous me demandez l’impossible ! l’impossible, entendez-vous ! Vous me voulez honnête, droite et pure ! et sans secours, sans appui ! C’est impossible !
Alors, il s’oublia :
— L’homme qui vous appelle Rita, dans ses lettres, où est-il ? Ne vous écrit-il plus ?… Pourquoi pas celui-là ? Ah ! c’est juste, je me souviens, il se plaignait de sa pauvreté. Mais un amant, ça n’a pas besoin d’être riche ! Le mari est là !
Dans sa chaise longue, la comtesse d’Aiguebelle, immobile, glacée, — cessa d’entendre parce qu’elle s’évanouit.
— Non, je n’ai pas d’amant ! répliquait Marie, — et c’est ce qui rend criminelle votre conduite envers moi. Car, enfin, peut-on me dire où est ma faute ?
Sans répondre, à cette question, il scanda :
— Vous n’avez pas d’amant, soit, mais il vous en faut un ! Votre choix s’est fixé, et vous avez choisi justement celui que je ne veux pas vous laisser prendre !… Que les autres se défendent !