Elle se mit à rire aux éclats. Ce rire parut déplacé et bizarre à plusieurs personnes qui la dévisagèrent. Des dames la lorgnaient.
Pour son interlocuteur expérimenté, il était impudent, vicieux même, ce rire !
— Allons dans la salle à côté, dit-il.
— A quoi bon ? répondit-elle. Je ne connais personne, ici.
Le comte Paul, pour l’instant, n’osant la suivre, était resté dans une salle voisine. Elle était libre de flirter un moment avec son Russe.
Il le comprit, et il se sentait excusé d’avance de toutes les audaces qu’il voulait avoir. La musique commençait. Les valseurs s’élançaient. Ils les imitèrent.
Et le prince murmurait, en la serrant contre lui d’une façon insinuante : — En deux mots, mademoiselle, je me suis permis de vous regarder avec attention et j’ai cru, sur de certains signes, reconnaître une personne destinée… à de grandes… à de très grandes choses.
— Quelles choses ?
— Mystérieuses…
— Ah ! et sur quels signes, prince ?