La jeune femme sentit une douleur confuse l’envahir. Une sorte de nuit tomba sur son esprit. Elle comprenait que la destinée fermait derrière elle encore un des chemins par où elle aurait pu aller au bonheur.

« Ah ! oui, songeait-elle en se retirant dans sa chambre, — sa mère morte, tout est bien fini : je serai chassée. »

Paul épiait un regard de sa mère, un signe de vie…

On était allé chercher le médecin, et l’abbé, — et, chez Pauline, la petite Annette.

— Maman ! maman ! répétait le malheureux jeune homme, n’osant la soulever, de peur de lui faire mal, de briser encore quelque chose en elle ; et il restait là, à genoux tout contre elle, sur le tapis.

Elle rouvrit lentement les yeux. Elle voulut parler. Sa langue était embarrassée. Alors, elle se mit, visiblement, à s’appliquer, pour être entendue, bien comprise, et elle articula :

— Contre ça, tout est bon… Divorce… Pauline…

Et, un peu après :

— Annette… Albert.

Et, quand tout le monde fut là, excepté l’étrangère, la maudite, — tous, excepté Albert qui avait envoyé Pauline, — quand on l’eut transportée sur le lit le plus proche, quand elle eut été embrassée par les deux jeunes filles, elle regarda tout le monde d’un regard long et voilé, sourit à chacun, à tous, fit un signe d’intelligence à l’abbé, puis souleva et étendit un peu, au-dessus d’elle, ses deux mains fines, si fines, si petites, si transparentes, et dit :