— J’ai été long… si long !… J’achève donc. Voici ma noble péroraison : Pense, par-ci par-là, au vieux bouffon, ma fillette. Si tu te dis qu’il t’aime bien et qu’il saurait te le prouver à l’occasion, ça te fera chaud dans le cœur. Ah ! le cœur, tout est là, je te dis ! J’en ai, moi, vois-tu ; et s’il y a un bon Dieu partout, comme on disait de mon temps, je lui demanderai une place dans le théâtre du paradis… Ça me reposera des paradis de théâtre… Je pense qu’il n’y en aura pas seulement pour l’opéra, là-haut. Ça serait trop raide… Là-dessus, je vous baise les mains, comtesse.

Il s’inclina, et dit, avec le ton qu’il eût pris pour lire une lettre :

— Votre très humble, très respectueux et très fidèle serviteur. Signé : Pinchard.

Elle songeait, les yeux vagues.

— Adieu, vieux… Allons, va, embrassons-nous encore. Qui sait si nous nous reverrons ?

— Pourquoi pas, petite ? D’abord, je m’engage à revenir dans six mois chercher encore un petit bleu pareil. Cette image me plaît.

— Dans six mois, dit-elle, je crois bien que je ne serai plus là. Adieu, Pinchard.

Elle-même l’embrassa sur les deux joues, avec une petite larme qui ne parvint pas à tomber.

Il paraît que Monsieur d’Aiguebelle avait entendu quelque chose de cette conversation.

Comme Pinchard allait sortir du vestibule dans la cour, le comte parut :