— Monsieur Pinchard, dit-il, quand vous aurez besoin de moi, n’oubliez pas de venir frapper à ma porte.

Et comme Théramène écarquillait les yeux :

— J’aurai toujours quelque chose à la disposition de vos pauvres, Monsieur Pinchard.

Le comte souriait. Il ajouta :

— Entre hommes, on peut s’entr’aider, n’est-ce pas ?

Pinchard, profondément surpris, étrangement ému, se précipita sur la main qu’on lui tendait. Il ne put articuler un seul mot, et s’en alla, plus fier, plus heureux que jamais, — sans rien réciter.

Il s’en allait, le vieux bouffon au cœur simple et pur, l’artiste rêveur aux dehors sordides. Pour éclairer sa route de misère, il avait pris quelque chose aux lumières des plus sages. Dans sa misérable lanterne, il portait, ce pauvre, une lueur tremblotante et douce, jolie comme une étoile du ciel.

V

Un jour, au moment où le comte Paul sortait, il rencontra dans le vestibule un jeune homme en train de parlementer avec son valet de chambre.

La comtesse était absente.