On arrivait devant l’hôtel des d’Aiguebelle. Paul ne répondait pas. Alors, Albert devint sombre.

— Annoncez à Madame, dit le comte Paul, que Monsieur de Barjols, — pas moi, vous entendez ? — que Monsieur Albert de Barjols désire lui parler.

Et se tournant vers Albert :

— Ce qui est en péril, Albert, ce n’est pas ma personne : c’est l’honneur de mon nom, — et c’est notre vieille amitié, qui m’est chère comme à toi. Je t’annonce que, moralement, nous allons nous battre, — mais je sais que tu m’embrasseras après, de meilleur cœur. Garde-toi seulement d’oublier ceci : c’est dans ton intérêt que je vais te faire souffrir !

— Madame est dans le petit salon, vint leur dire le domestique.

… Albert, stupéfait, triste, et préparé à tout, montait avec Paul, côte à côte.

Devant la porte fermée, Paul tendit une fois encore la main à son ami.

— Maintenant, dit-il, du ton d’un témoin qui dirige un duel, — allons !

Ils entrèrent. Rita était seule.

VI