— Non, je sors avec vous.
Nous sortîmes.
Le village était endormi. Pas une lumière à terre. Sur la mer, tout au loin, la clarté du phare ; devant la jetée, les feux des bateaux à l’ancre ; et dans l’eau tranquille baignait un ciel fourmillant d’étoiles. Nous étions en juillet.
— Où est votre brick ?
— C’est celui-ci, le plus près de nous. Un fier bateau, dit-il. Et tenez, allons à bord ; je veux vous conter ça ; parler soulage.
Il allait donner un coup de sifflet, signal convenu pour se faire envoyer le youyou de son bord, je l’arrêtai…
— Puisque je dois revenir à terre, capitaine, mieux vaut prendre mon bateau.
Nous sautâmes dans l’embarcation que je lui montrais ; chacun de nous empoigna un aviron ; cinq minutes après, nous étions à bord du Meyfret.
L’équipage était couché. Il était près de minuit. Nous amarrâmes mon petit bateau à l’arrière du brick, qui « évitait » sous un léger mistral.
A la clarté d’un fanal suspendu, le capitaine posa deux verres sur le pont, y versa un peu d’eau-de-vie ; nous étions assis sur des cordes à l’avant du bateau, préférant le plein ciel d’été à l’abri de la chambre ou de la tente.