Il avait vu une cloche, le petit Paul ! Oui, avec les yeux de son désir, avec les yeux de son amour, il l’avait vue.

— En es-tu sûr ? cria Tiennet, un peu pâle.

— Oui, oui !

Il n’en était pas sûr, oh ! non. Mais il croyait qu’ayant cru en voir une, il pouvait dire : je l’ai vue !

Qui saurait expliquer où commença son tendre mensonge d’enfant ? C’est à lui-même qu’il mentit d’abord, avec l’espoir de tromper Tiennet, non plus pour se moquer de lui, mais tout au contraire pour le consoler. Enfin, pourquoi ne pas le dire ? il espérait bien un peu tromper aussi le bon Dieu… Oh ! l’insaisissable tendresse !

Tous les yeux écarquillés cherchèrent au ciel le point fuyant, la petite et furtive raie sombre que Paul avait désignée du doigt.

Le sceptique Léon la revit le premier :

— Là, là ! oui, là, je la vois !

Il y avait tant de petits nuages capricieux, dans le ciel d’avril ! Tous les yeux éblouis, fatigués, se rouvrirent ardemment.

Que vous dirai-je de plus ? L’un après l’autre ou l’un par l’autre, nous la vîmes tous, la cloche aux grandes ailes, qui nous apportait la santé de Lise, et le bon Dieu des enfants fit semblant de nous croire. Il est certain qu’il se mit à sourire, puisque Lison revint quelques jours plus tard nous appeler encore, avec sa jolie voix, dans l’écho de la montagne.