Ce fut, pour Anna, comme un réveil terrible ; il lui sembla qu’elle venait d’être folle et que, brusquement, sa raison lui revenait, sautait dans sa tête, d’où, plusieurs heures, elle était sortie !
La pendule sonnait une heure du matin. Que faire ? Rendre le petit, le rendre tout de suite, il n’y a que ça ! Elle expliquerait… on comprendrait… — « Reconnaîtras-tu ta maison ? — Oh oui ! — Attends-moi là, bien sage ! »
En rentrant, elle s’était déshabillée. Elle se rhabilla, se fit très belle. — « On verra bien que je ne suis pas une voleuse… j’expliquerai. »
… Quand elle revint au salon, Zan, ses deux petits poings fermés et très serrés, comme s’il était en colère, dormait en souriant. Le pantin de cinq sous, le pantin de Paul, dormait entre ses bras…
XII
Que faire ? on ne réveille pas un enfant, quand on aime les enfants. Elle le prit doucement, marcha vers son lit… puis, tout à coup, tourna sur elle-même et le coucha sur le grand divan.
XIII
La pendule sonnait six heures…
Zan dormait paisiblement, ses petits poings toujours fermés. Entre ses doigts on voyait luire des choses : un bout de papier doré, un joujou… Et le sucre des bonbons luisait sur sa lèvre, qui souriait.
Le pantin de cinq sous, le pantin de Paul, dormait entre ses bras…