— Benoni ! criai-je.

C’est chez nous le nom familier de Benoît.

Le paysan se leva, ouvrit la lucarne, demandant :

— Qui m’appelle ?

— Allumez le fanal, et vite descendez, lui dis-je.

Il sortit, les yeux gros de sommeil, sa lanterne à la main.

Les étoiles, vives, brillaient métalliquement dans le ciel glacial. Le croissant, mince comme une faucille aiguisée souvent, était près de disparaître derrière les collines, à l’horizon très noir.

Benoni éleva sa lanterne au-dessus de sa tête, regardant, avec un étonnement profond, la bande silencieuse des petits enfants.

— Ils coucheront à la fénière. Montrez-leur le chemin.

Vers la fenêtre qui sert de porte, tous montèrent au moyen des pieux en escalier fixés dans le mur. Il y avait deux petites filles, la jeune première et la soubrette ! Elles s’aidaient des mains et des pieds, comme des oiseaux grimpent à des grillages avec le bec et les pattes.