Pierre déclara que, la veille, il avait invité les deux commandants à dîner, «pour ce soir même».
—C'est que nous prenons ce soir, dit Marcant, le train de six heures, gare d'Agay, pour Saint-Raphaël.
—Quelle folie! c'est impossible... Vos chambres à bord sont prêtes... A la mer, voyez-vous, l'hospitalité va vite et s'offre entière, du premier coup!
Pierre allait vite en effet. Il y eut des pourparlers très longs, des répliques croisées, de bonnes raisons des deux côtés...
—J'accepterai de dîner ce soir, à une condition, dit Marcant, vaincu, étonné, roulé depuis plusieurs jours, en dehors de toutes ses habitudes, dans le charme de l'imprévu.
—Je la devine!
—Vous viendrez tous demain soir, messieurs, pendre la crémaillère à la villa de la Terrasse,—chez moi.
Les commandants ne pouvaient pas, absolument pas. Pierre accepta avec joie.
En attendant, le dîner à bord fut charmant. Elise trouva un sonnet, sous des fleurs à table, écrit sur la première page d'un album.
—Je fais mal les vers, disait Pierre, mais enfin, je fais des vers... comme vous voyez!