Dans le port de Toulon...
—A la bonne heure! dit Marcant, voilà des vers comme je les aime!
—Vous n'êtes pas pour les décadents, monsieur?
—N'attaquons pas des sujets semblables: vous me verriez jouer les Alceste! Seulement, au lieu de Ma mie, ô gué! je vous chanterais du Pierre Dupont.
Et il chantonna, lui,—Marcant:
Ma Jeanne est plus belle
Que le ciel et l'eau,
Elle est plus cruelle
Qu'un coup de couteau.
—Voilà, poursuivit-il, du bon naturel français, qui chante clair comme le coq de Gaule. Je ne nie pas qu'il y ait de mystérieuses correspondances entre couleurs, sons et parfums, mais je jouis, moi, des sensations naturelles en homme bien portant... Si vous avez des maladies, gardez-les pour vous! Ne me parlez pas de ces pervertis qui se mettent un cornet acoustique dans l'œil et une lunette dans l'oreille! La corruption des langues vient à la suite de l'autre, qu'elle aide d'ailleurs puissamment. Le grand éducateur d'un pays, c'est sa littérature! et je ne suis pas pour celle qui inspire la folie, le doute, le mépris de l'homme, et la mort! En art, décomposer, c'est trahir!... Dites-nous de vos vers, monsieur Dauphin... Je suis bien sûr qu'on n'y trouve rien de tout ça.