Elise avait envie de pleurer, de retrouver au plus tôt son intérieur parisien où elle recevait du moins quelques visites, où elle avait ses habitudes et l'impression de la sécurité dans l'affection des choses. Le désir intense la prenait de revoir son Paris, ce Paris vraiment si chaud pour l'esprit que les neiges et les pluies y passent inaperçues, n'arrêtent aucune activité. Elle écrivit à Marcant de venir dès qu'il pourrait, surtout avant trois semaines, qu'elle avait besoin de s'habituer à sa solitude; et elle lui demandait des livres, beaucoup de livres...
—«Si ces pluies duraient, mieux vaudrait Paris mille fois...» Ici, il faut pouvoir vivre au dehors; sinon, tout est plus triste que partout ailleurs.»
Elle écrivit à ses amies, pour se distraire, déguisant son état d'âme actuel, racontant chaque fois à chacune la joie des premiers jours, la beauté des premières promenades, et, à les décrire, croyant les revoir, s'excitant à les regretter, à les appeler de tous ses désirs...
III
Il pleuvait encore, et encore.
Et c'était le spleen, quand, un après-midi, on sonna.
Elle eut le tressaillement intérieur de ceux qui espèrent quelque chose. Elle n'espérait pourtant rien, à cette heure-là.
—Une dépêche?
—Non, madame.
Marion apportait une carte sur un plateau. Elle le tenait gauchement. Elise sourit de cette prétention apprise, et trahie par la maladresse. Elle regarda la carte. C'était celle de Pierre.