—Trois et deux font cinq.
Denis entra dans l'administration avec un tel sérieux au travail qu'il fut remarqué tout de suite, parmi tant d'employés que le métier désole ou même exaspère. Un grand chef, frappé de ses facultés spéciales et de son zèle, le poussa fortement, le chargea de lui débrouiller des affaires très compliquées, s'engagea à l'aider de tout son pouvoir et tint parole plus tard.
Pendant ce temps, Marcant père, comprenant enfin que M. Denis serait exact à l'échéance, étudiait «la petite».
La petite devenait, auprès de sa mère, un modèle de femme de ménage.
Denis eut un jour vingt-sept ans et c'était un homme fait. Elle en eut vingt-deux, et n'était toujours qu'une petite fille...
—Tu penses encore à ça, mon garçon? Sais-tu que la mère Lefraîne est très malade?
—Alors, dépêchons-nous, mon père.
—Et sais-tu bien qu'elle emportera avec elle sa pension de veuve?
—Alors, allons-y tout de suite, papa.
Le vieux libraire, qui aurait préféré que mamzelle Elise eût cinquante mille livres de rente, se mit à rire:—Il faut convenir tout de même que tu es un brave garçon, mais bigrement entêté! Tiens, embrasse-moi... et vas-y tout seul! Quand ça sera convenu, vois-tu, je n'aurai plus rien à dire. Pour ce qui est de bâcler ça moi-même, ça m'ennuie trop. Tu ne comprends pas? Je vais t'expliquer. Comme commerçant, ça m'ennuie: c'est une affaire noire. Comme papa, eh! eh! je me dis que, peut-être bien, c'est une affaire blanche... Tu me désoles et tu me fais plaisir... Vas-y tout seul, polisson!... A ta place, c'est moi qui aurais couru, sans écouter si longtemps ma vieille bête de père!