Partons, dans un baiser, pour un monde inconnu!
Cependant, Marcant annonça qu'il retardait sa visite d'une semaine, puis de deux, puis de trois. Cela faisait un mois et demi de séparation; mais il fallait. Son devoir le retenait, impérieux. Il lui recommandait de se soigner beaucoup. Mars était dangereux: «Prends garde!»
Le soleil de mars flamboyait. La mer avait ses belles couleurs joyeuses, son bleu invraisemblable.
Georges avait reçu, depuis trois semaines, son bateau à voiles et à vapeur! un yacht de forme élégante, blanc comme son grand frère. Mais le nom y manquant, c'est Pierre Dauphin qui l'avait peint sur la poupe, en belles lettres dorées, à la grande satisfaction bruyante de Georges qui, pour le remercier, n'avait rien trouvé de mieux que de lui sauter au cou, une fois de plus.
Elle ne se demandait pas pourquoi M. Pierre, avec son Ibis, n'entreprenait pas quelque course un peu longue...
—Je suis allé passer trois jours près de Toulon, j'ai vu mon père et ma mère, lui disait-il.
Ou:
—J'arrive de Cannes.
Mais il arrivait toujours, il ne partait jamais.
Marcant écrivait souvent. C'étaient des lettres d'affaires. L'affection ne s'y voyait guère qu'aux recommandations touchant la santé, tandis que M. Pierre, lui, parlait en vers, de choses imprécises et éternellement désirables et fuyantes.