Marcant retourna auprès de Georges.

—Qui donc est venu, papa? Est-ce que maman envoie des nouvelles, dis?

Marcant pensa qu'il valait mieux, pour calmer l'enfant, préciser quelque chose.

—Oui, répondit-il. Elle va bien; mais comme je te l'avais dit, elle ne peut revenir... Elle fait un voyage... Et je lui ai envoyé des robes, du linge, des effets... ses malles!... Elle repart de Cannes, sur la mer!

L'enfant, assis sur son lit, la tête un peu de côté, regardait un point fixe dans l'espace. Il avait l'air de regarder sa pensée matérialisée hors de lui. Avec l'impitoyable besoin de s'expliquer tout, qui leur sert à se faire une âme, il dit:

—Pourquoi qu'elle n'est pas venue les chercher—pour m'embrasser?

Marcant s'aperçut qu'il aurait dû arranger savamment une fable, un roman, à l'usage du petit, où tout aurait été prévu, se serait enchaîné logiquement, comme dans la vie. Il s'aperçut que le mensonge exige du génie pour être soudé à la vérité, à toutes les conséquences du réel.

—Elle n'a pas eu le temps, répondit-il au hasard.

L'enfant conclut:

—Elle avait toujours le temps... avant.