Avant! Avant quoi? Le mot entra dans le cœur du père comme une balle de fusil. Il baissa la tête et tira hors du lit les jambes du cher petit... Il lui mit ses bas. C'était la première fois que Georges voyait son père le servir ainsi...

—Mais, mon papa, je sais m'habiller tout seul.

—On t'aidait pourtant, tous les matins.

—Oui, mais c'était pour me gâter.

—Eh bien, je veux te gâter aussi.

Il le prit dans ses bras, l'enleva du lit avec un de ses bas tout pendant, sa petite chemise retroussée, la moitié de son petit corps tout nu, tout comique et tout charmant, et il le pressa sur son cœur avec une tendresse infinie... et un grand sanglot éperdu... Ce qu'il embrassait, c'était elle aussi dans le passé, ce qui lui restait d'elle dans l'avenir...

Georges comprit de plus en plus qu'il y avait des choses extraordinaires. Et de tous ses petits bras, il serra son père bien fort, le plus fort qu'il put.

—Est-ce que nous ne la reverrons plus... alors?

—Pourquoi dis-tu: alors? interrogea Marcant impatienté.

—Je ne sais pas.