Marcant vivait ainsi, dans une agonie.
XVII
Elise, pendant ce temps, tout de bon agonisait.
Dans cette magnifique rade de Toulon, le joli yacht, sur le pont duquel on voyait parfois se promener une vieille dame, intriguait tout le monde, les officiers de l'escadre surtout.
On avait interrogé les hommes du bord.
Ils ne disaient rien mais prenaient des airs de mystère.
De Saint-Raphaël, qui n'est pas loin, un bruit vague arriva jusqu'ici. Le nom de l'Ibis Bleu devint un nom qui parlait à l'imagination des choses terribles et charmantes. On voyait tous les jours un médecin connu rendre visite au yacht. Et les jours passaient, inquiétants...
La pauvre mère écrivait à son fils, chaque jour:
«On espère la sauver, mais elle est bien mal... Sois tranquille, on la sauvera. J'ai pu avoir des nouvelles de l'enfant qu'un de nos amis a vu plusieurs fois à la promenade à Saint-Raphaël. Cela fait prendre patience à la mère. Je ne lui dis pas que l'enfant a l'air souffrant. Je lui dis seulement qu'on l'a vu se promener.
«Une chose qui est faite pour te toucher heureusement, c'est qu'en ces tristes jours elle a tout à fait gagné mon cœur. Elle est héroïque sous l'étreinte du mal, et aussi de la douleur morale. Elle n'a jamais prononcé une parole qui ne sonnât avec justesse la bonté, la résignation, et la tendresse pour son enfant. Elle parle de tous avec le mot qu'il faut, celui que dicte seule la délicatesse la plus subtile du cœur.