«—Une autre fois, il faut avertir!» Ce mot devint la règle de la conduite d'Elise.

Elle ne pensait pas vivre longtemps. Elle voulut employer son reste de vie à préparer sa mort, à annoncer son départ. Tout était là pour elle. Et cela, elle le fit avec sérénité, avec des gaietés même, pour que l'enfant—elle disparue—n'eût plus, en songeant à elle, que des souvenirs de paix et de tendresse calme!

Marcant assistait à cela, et plus d'une fois il en fut ému, mais une impossibilité de pardonner était en lui comme une chose solide, une glace qui ne voulait pas fondre!

Le rideau, qui s'était abaissé entre leurs deux âmes, ne se relevait pas.

Elles ne communiquaient plus.

Marcant s'essayait quelquefois à être «gentil», «aimable» pour elle, mais cela ne venait pas; et chacune de ses paroles, quand il voulait lui marquer une approbation, un bon sentiment, dénotait tant de contrainte que le silence eût été moins cruel.

Elle, tout à l'idée de consoler l'enfant, en devint moins sensible aux froideurs du père. A mesure qu'elle croyait réussir dans sa tâche les joies pures qu'elle en éprouvait se mettaient sur ses douleurs et les lui faisaient oublier presque. C'était en effet, maintenant, une âme sainte, et beaucoup n'ont jamais péché, qui sont, à côté de celle-ci, sans mérite et noblesse.

Un jour, dans les commencements, Georges avait dit:

—Je sors avec papa, j'emporte mon Ibis Bleu pour le mettre sur l'eau.