Le petit Georges, au cri de sa mère, s'était blotti contre elle... Comme si on eût voulu la lui prendre, il la tenait à deux bras, les doigts accrochés aux plis de la robe—et regardait, là-bas, tout ce mouvement incompris.

—J'aimerais mieux ne pas assister à ça, murmura-t-elle. Le voir et ne rien pouvoir, c'est trop pénible!

—Que faire? dit Marcant. Nous n'y pouvons rien, en effet, mais comment ne pas regarder!

Ils avaient le cœur serré... La lorgnette de Marcant tremblait dans sa main. Il la remit dans l'étui. Elise se sentit faiblir de crainte pour ces gens en péril... Elle s'assit au bord du chemin et, attirant la tête de Georges sur ses genoux, elle couvrit de sa main les chers petits yeux qui se fermèrent, préférant à tout cette obscurité caressante...

On distinguait mal ce qui se passait là-bas.

Une troisième embarcation se portait au secours du torpilleur. C'étaient le capitaine et les hommes de l'Ibis Bleu... Un mouvement incompréhensible continuait autour du bateau en péril, sur les embarcations si mobiles elles-mêmes! Le premier des deux torpilleurs n'avait rien vu, déjà disparu derrière le tournant de la rade au moment où le second s'arrêtait net, s'échouait.

Marcant expliquait:

—C'est si instable, figure-toi, ces bateaux-là, qu'en se portant brusquement du même côté, les rares hommes qui les montent les balancent comme des escarpolettes!

Deux des bateaux accourus s'éloignèrent du torpilleur blessé, chacun emportant sans doute une fraction de l'équipage. Un seul demeura, le youyou de l'Ibis Bleu.

Marcant reprit sa lorgnette.