C'était, dans l'étable, une tenture véritable formée par des myriades de toiles d'araignée antiques et récentes, cousues les unes aux autres... Cela porte bonheur et peut-être prend des mouches.

—C'est très sain pour les bêtes! disent les paysans.

Dans l'étable, six colliers de chevaux pendaient à des crocs de bois. Il y avait sous le hangar deux charrettes et plusieurs charrues. Tout cela sentait bon l'ordre, le travail organisé.

—Voilà un drôle de filet! ça n'est pas pour les papillons, dis, maman?

Un homme, survenant, expliqua à quoi sert le vartourin, longue poche qui va se rétrécissant et que, dans l'eau, soutient ouverte, béante comme un tunnel, une série de cercles d'osier. On l'allonge invisible au fond de l'Argens, troublé par les pluies, et avec ce filet on prend des carpes, des loups et des mulets qui quittent la mer, remontent la rivière.

Cet autre instrument, c'était le râteau à poche de fil de fer, pour pêcher les «clovisses» des étangs...

—Il y a dans la plaine de Fréjus, monsieur, dix hectares d'étangs, tous réunis entre eux par trois ruisseaux un peu larges et tous communiquant avec l'Argens par un canal que les hommes ont fait... Et là dedans, monsieur, les «clovisses» font ça!...

Sur ces mots: font ça, il montrait ses doigts rapprochés qu'il faisait aller sans remuer la main, les agitant de mouvements contraires et rapides pour imiter un fourmillement des bêtes grouillantes.

—Seulement, ajoutait-il, l'eau des étangs est saumâtre et les «clovisses» des étangs, il faut les faire dégorger dans l'eau de mer. Alors, oui, ils sont bons!... Oh! moi, la pêche, c'est mon travail préféré.