Il se mit à rire grossement.—On voyait qu'en effet, il savait très bien tout ce qui se rapporte à la pêche dans les étangs.

—La pioche, c'est trop lourd, comprenez!... Vous, je parie, monsieur, fit-il tout à coup, vous êtes un homme de bureau?

—Oui, dit Marcant.

—Et,—je suis sûr,—il est à Paris, votre bureau?

—Oui, dit Marcant.

L'homme regardait Marcant avec une sorte d'intérêt morne, avec une de ces curiosités qui ne se déplaceraient pas pour savoir, mais qui, sur place, consentent à se soulever un peu.

L'homme portait toute sa barbe qui était drue, enchevêtrée par mèches qui s'agglutinaient, mêlée de poils blancs et de poils bruns. La couleur de cette barbe s'unifiait sous une couche d'une poussière rougeâtre, dont l'humidité de la rosée avait fait comme un enduit. Il avait plus de cinquante ans. Il était trapu, plus petit que Marcant. Il avait une calvitie mate, suspecte, entourée de cheveux mal plantés, mal taillés et trop longs. Sa chemise, très propre, le gilet de laine tout neuf juraient avec l'usure de sa face, avec le désordre de sa barbe et de ses cheveux. Aux plis de ses paupières, sous ses yeux et à la patte d'oie, qu'il avait très marquée, comme par une ironie habituelle et sans esprit, demeurait prise une crasse noire.

Georges, qui avait un peu peur, tenait à deux mains les plis de la robe d'Elise.

Marcant pensait: «Qu'est-ce que c'est que cet abruti»?

L'homme, dans l'étable, poussait avec sa fourche de la litière sous les pieds des bêtes.