—A Paris, dit Marcant, très naturel, il y a le soleil intellectuel... les théâtres...

—Oh! nous n'y allons guère, dans les théâtres. Et quant au soleil intellectuel, pour des bourgeois comme nous, mon ami, en quel moment du jour en jouissons-nous?

—Eh! eh! fit Marcant, tout le monde te dira qu'il rayonne là-bas une chaleur, une lumière ambiante... On les respire, on en jouit sans y prendre garde. C'est le soleil de minuit, celui du boulevard...

—Avec un bon journal, ou deux, tu auras Paris chez toi, ou au cercle de ton village.

On arrivait devant Maison-Close, dont la porte rustique, cintrée, les bords ajourés par la vétusté, s'encadrait de lierre, d'agaves... Elle était par hasard ouverte. Au fond du jardin à demi-sauvage, à travers le gribouillis de mille branches emmêlées, l'ermite de Saint-Raphaël—tête nue aux cheveux ras, longue barbe blanche, en bras de chemise—passait, fort attentif à quelque brin d'herbe.

Ils regardèrent furtivement, une seconde.

—Voilà un homme, fit Elise, qui a choisi la bonne part.

—Oui, fit Marcant, mais après quelle vie de travail et de lutte, en pleine bataille parisienne!... Ah çà! est-ce que, par hasard, tu vas exiger, ma chère, que je donne ma démission au ministre?... Je t'avertis que c'est impossible... La voilà folle de ce pays!... Et me voilà bien, moi, maintenant!...

—Allons! cria Pierre, embarque!

—Et ce mal de mer? interrogea-t-elle, un pied sur l'embarcation, la main dans la main que Pierre, déjà à bord du youyou, lui avait tendue.