—Mon Dieu, c'est très simple. Comme on ne s'éloignera pas de la côte, à la moindre inquiétude, le youyou vous ramènera à terre...

Et sur le ton du commandement:

—Allons, amiral Georges,—embarque!

—Embarque! cria Georges à tue-tête.

C'était la revanche d'un long silence. En sautant dans le bateau, il laissa tomber des roses autour de lui...

Pierre tenait la barre, ayant Elise à sa droite, avec Georges; Marcant était à sa gauche. Deux hommes nageaient vigoureusement, pesant bien en mesure sur les avirons d'où tombaient des étincelles d'eau.

Elle remarqua que M. Dauphin était aujourd'hui habillé «comme tout le monde». Cela lui plut, sans qu'elle songeât à s'expliquer pour quelle raison.

Il la regardait. Le profil noble de la jeune femme éclatait en lumière sur le bleu profond de l'eau. Georges, toujours penché vers elle, avait laissé aller sur sa robe de ton foncé sa gerbe de roses toute déliée... Le soleil la frappait en plein visage et ses joues pures, d'une chair ambrée, transparente, ressemblaient à ces roses thé. C'était bien une vraie femme. Elle ne rayonnait pas l'éclat du printemps, mais quelque chose qui était un printemps encore plus touchant peut-être... retardé!... qui sait?... printemps d'hiver, un peu pâle, comme ces roses...

Il songeait ainsi.

—Chacun, à mon bord, dit Pierre, pourra être chez soi. Ce qui n'est pas sans importance, car si le mal de mer venait à se faire craindre, il me serait un peu pénible, je l'avoue, madame, d'imiter l'auteur des Guêpes qui...