[Note 716: ][(retour) ] Germain Bapst, Histoire des joyaux de la Couronne de France, Paris, 1889, parle très bien de ce goût, p. 114-115 et passim. Sur les orfèvres de la Reine, voir p. 96, note 3, et p. 97, notes 1, 2, 3. Elle cherchait avec eux des combinaisons, leur soumettait des dessins.
[Note 717: ][(retour) ] Édouard Frémy, Les poésies inédites de Catherine de Médicis, Paris, 1885, p. 239-240.
Elle la fit venir de Fontainebleau, mais la garda au Louvre[718]. Elle avait fait, comme autrefois Côme et Laurent de Médicis, rechercher des «anciens manuscrits en toutes sortes de langues». Elle s'en était d'ailleurs procuré beaucoup à très bon compte[719]. Son cousin, Pierre Strozzi, possédait une collection de manuscrits précieux, qu'il avait héritée du cardinal Ridolfi, neveu de Léon X, et qu'il avait beaucoup augmentée. Après qu'il eut été tué sous les murs de Thionville (1558), Catherine persuada à sa veuve, Laudomina de Médicis, et à son fils, Philippe Strozzi, de les lui céder pour quinze mille écus, mais elle oublia toujours ou n'eut jamais les moyens de s'acquitter. A sa mort, les créanciers saisirent sa bibliothèque, mais les savants protestèrent, et sur l'ordre d'Henri IV, livres et manuscrits--en tout 4 500 volumes--allèrent enrichir la Bibliothèque du roi[720].
[Note 718: ][(retour) ] Henri IV, réalisant sans le savoir le souhait de Ramus, transporta la Bibliothèque en plein quartier latin, dans le collège de Clermont, vacant par l'expulsion des Jésuites.
[Note 719: ][(retour) ] Les références dans Frémy, p. 75-78.
[Note 720: ][(retour) ] Frémy, p. 239-242.--Cf. Lettres t. I. p. 563, note 1 et les références.
Elle aime les gens doctes, et, comme on vient de le voir pour Ramus, cause volontiers avec eux. Elle fréquente chez les amateurs d'art. Elle a ses poètes attitrés, Ronsard, Rémy Belleau, Baïf et Dorat, comme elle a ses décorateurs, ses tapissiers, ses architectes. Elle les protège, elle les emploie à l'illustration poétique de ses fêtes. Elle fit une pension à Baïf. Elle donna à Ronsard le prieuré de Saint-Cosme[721] et alla l'y visiter avec Charles IX à son retour de Bayonne. Elle reprit hautement Philibert de L'Orme d'avoir fermé l'entrée des Tuileries en construction au grand poète. «Souvenez-vous, lui aurait-elle dit, que les Tuileries sont dédiées aux Muses.» Mais Ronsard lui en voulait de préférer les «maçons», c'est-à-dire les architectes, aux poètes. La Pléiade se vengea de ce qu'elle considérait comme un déni de justice. Dans les louanges qu'elle donne à la dispensatrice des grâces royales, c'est le plus souvent de son génie politique ou de sa vertu qu'il est question. Elle aurait cru dépasser les limites, pourtant si reculées, des flatteries permises, en lui disant, comme Ronsard à Charles IX:
Ronsard te cède en vers et Amyot en prose[722]
[Note 721: ][(retour) ] Saint-Cosme-en-l'Isle, près de Tours.
[Note 722: ][(retour) ] Ronsard, éd. Blanchemain, t. III, p. 257. Voir la «Complainte à la Royne mère du Roy» en tête de la seconde partie du Bocage royal, éd. Blanchemain, t. III, p. 369.