[Note 1131: ][(retour) ] Lettre de Saint-Gouard, app. aux lettres de Catherine, 20 février 1580, t. VII, p. 447.--Cf. 12 novembre 1579, t. VII, p. 228, notes.

[Note 1132: ][(retour) ] A Bellièvre, Lettres, t. VII, p. 300.

[Note 1133: ][(retour) ] A Saint-Gouard, lettre du 24 janvier 1581, Lettres, t. VII, p. 330.

Elle eut même l'idée, à ce qu'il semble, de donner toute autorité sur les armements que faisait le connétable de D. Antonio à son gendre, le roi de Navarre, qu'elle fit assister par son cousin, Philippe Strozzi, colonel général de l'infanterie française. «La résolution de tout, écrivait Strozzi à Catherine, est remise à la volonté de saditte majesté (Henri de Navarre).... Le tout ne se résoudra que après avoir parlé à elle et reçeu ses commandemens sur lesquels monsieur le comte de Vimiose (le connétable) est résolu de se régler de tout...[1134]» Henri III, qui avait peu de goût pour les aventures, avait probablement, pour marquer sa désapprobation, laissé attendre «quelque heure» le comte de Vimiose dans l'antichambre de sa mère avant de le recevoir[1135]. Mais Catherine, plus diligente, faisait verser au capitaine Carles, qui avait convenu avec Vimiose de mener des hommes aux Iles, les 1 500 écus qui lui étaient nécessaires pour aller rafraîchir les troupes du capitaine Scalin qui s'y trouvait déjà. Elle pressait le départ des renforts[1136], sachant que le roi d'Espagne avait expédié de Lisbonne aux Açores, le 15 juin, 8 vaisseaux et 8 ou 900 bisognes (recrues). Elle soutenait D. Antonio, tout en s'excusant de ne pas lui donner dans ses lettres le titre de roi, de peur que l'Espagnol pût croire qu'elle ne persistait plus «en son droit et prétention»[1137].

Quand Tassis se plaignit de nouveau à elle (septembre 1581) que Strozzi dressait en France une armée de cinq mille hommes pour aller attaquer les possessions de Philippe II, elle répliqua que poursuivre son droit en Portugal, ce n'était faire tort à personne ni faire la guerre au roi d'Espagne, mais conserver son bien, ajoutant «qu'elle n'y vouloit rien espargner d'aulcuns moyens» qu'elle avoit; que le Portugal était à elle. Il la priait de lui livrer D. Antonio, qui d'ailleurs n'était pas en France, mais en Angleterre. Et pourquoi le ferait-elle? D. Antonio n'était pas le sujet de Philippe II, mais le sien[1138].

[Note 1134: ][(retour) ] Strozzi à la Reine-mère, Coutras, 6 avril 1581, Lettres, t. VII, p. 500. L'auteur de l'Histoire de la Ligue, publiée par Charles Valois (S.H.F.), t. I, 1914, p. 61-62, parle de pourparlers, après la paix de Fleix, entre le Vimiose et le roi de Navarre, pourparlers que la Reine-mère aurait fait échouer. Mais Strozzi parle à Catherine comme si elle était consentante, et son témoignage est d'un tout autre poids.

[Note 1135: ][(retour) ] Lettre de la Reine-mère à Strozzi, t. VII, p. 383, 16 juillet 1581.

[Note 1136: ][(retour) ] Probablement les 300 hommes, et aussi les poudres pour les habitants des îles dont il est question dans sa lettre à Mauvissière, 21 juillet, t. VII, p. 386. Les Iles, terme vague et qui désigne tantôt particulièrement les Açores, tantôt tous les archipels portugais, Açores, Madère, îles du Cap Vert.

[Note 1137: ][(retour) ] A Mauvissière, Lettres, t. VII, p. 387.

[Note 1138: ][(retour) ] A Saint-Gouard, 23 septembre 1581, Lettres, t. VII, p. 401.