[Note 401: ][(retour) ] Susane, Histoire de l'ancienne infanterie française, t. I, 1849, p. 155-156.

[Note 402: ][(retour) ]: Dupuy, p. 407.

[Note 403: ][(retour) ] Floquet, Histoire du Parlement de Normandie, t. III, p. 5.

Catherine affecta de croire, et peut-être croyait-elle en effet, que les triumvirs avaient pris les armes sans raison. Jamais elle ne convint qu'elle eût mis le catholicisme en péril par son système de laisser faire. Dans une lettre de sa main à un de ses confidents d'alors, Artus de Cossé, sieur de Gonnor (19 avril 1563), elle parlait avec quelque orgueil de ce qu'elle avait «si byen comensé à Saynt-Jermain», et avec dédain de la paix d'Amboise «qui n'é pas plus aventageuse--elle entend pour les catholiques--que l'édit de jeanvyer». Ce n'est pas sa faute si les reîtres, qui ne sont pas encore payés, foulent le royaume et si les Parisiens sont mis à contribution[404], mais bien celle des hommes (les Guise) qui ont voulu «fayre les roys». Elle ajoutait fièrement: «... Si l'on ne m'empesche encore, j'espère que l'on conestra que lé femme aunt milleur volonté de conserver le royaume que seulx qui l'ont mis an l'état en quoy yl est et vous prie que seulx qui en parleront leur montrer sesi, car s'et la vérité diste par la mère du roy qui n'ayme que luy et la conservation du royaume et de ses sugés»[405].

[Note 404: ][(retour) ] Le gouvernement se procura des fonds par les expédients d'usage: taxe sur les plaideurs, procès aux financiers, dont quelques-uns furent mis à mort et les autres condamnés à de fortes amendes, aliénation des biens du clergé pour la valeur de 3 millions de livres de revenu.--Estienne Pasquier, Œuvres, 1723, t. II, col. 108-110.

[Note 405: ][(retour) ] Lettres de Catherine, t. II, p. 17.

Elle était impatiente de tout apaiser. La ville de Paris était un foyer de fanatisme dont les épreuves de la guerre avaient attisé l'ardeur. Elle vénérait comme un martyr de la foi le duc de Guise assassiné sous Orléans, et sa compassion se tournait en furie contre les huguenots. Le jour de l'exécution de Poltrot, que le Parlement avait condamné à être tenaillé au fer rouge en quatre endroits et puis tiré à quatre chevaux, la populace se saisit de ces quartiers de chair humaine, les traîna par les rues et les dépeça (18 mars 1563). Le lendemain se firent dans un sursaut d'émotion les obsèques solennelles du héros populaire, dont le cercueil traversait Paris à destination du château patrimonial des Guise à Joinville. Le Corps de ville conduisait le deuil qu'un immense cortège accompagnait: gentilshommes, délégations des Cours souveraines, clergé des paroisses, moines de tous ordres et de toute robe, arquebusiers de la milice bourgeoise «portant la harquebouse sous l'aisselle», piquiers «tenans leurs piques par le fer en les traînant après eulx», enseignes avec «leurs enseignes ployées sur l'épaule, le fer contre bas», bourgeois ayant à la main des torches à leurs armes, prévôts, échevins, conseillers de ville, notables en robe noire montés sur des mulets. A Notre-Dame, Jacques le Hongre, un prédicateur fameux par ses attaques contre les hérétiques, prononça l'oraison funèbre parmi les «pleurs et lamentations» des assistants[406]. Après la paix, malgré l'Édit, les Parisiens ne se pressèrent pas de désarmer. Un autre tribun de la chaire, Artus Désiré, interprétait à sa façon le conseil du Christ à ses apôtres: «Qui non habet gladium vendat tunicam et emat. (Que celui qui n'a pas de glaive vende la tunique pour en acheter un).»

Ce fut en ce milieu surchauffé que Catherine, avec une imprudence généreuse, tenta un premier essai de réconciliation, espérant, comme elle l'expliquait à la duchesse de Savoie, que l'exemple parti de la capitale «apporteret l'entier repos par tout le royaume»[407].

[Note 406: ][(retour) ] Robiquet, Histoire municipale de Paris depuis les origines jusqu'à l'avènement de Henri III, 1880, p. 557-560.

[Note 407: ][(retour) ] Lettres de Catherine de Médicis, 11 juin 1563, t. II, p. 57.