Je lui pris la main et j’essayai de la garder dans la mienne : « Marion ! Vous ! Après avoir tant lutté ! »
— Bah ! dit-elle. Rien n’a d’importance ! On ne peut rien contre rien ! Il n’y a que folie sauvage ! Pourquoi se débattre ! J’ai compris ça trop tard…
— Marion ! Voulez-vous venir avec moi ?
Elle fit : oh !… porta la main à sa bouche comme pour étouffer un cri, se dégagea, toute secouée d’une sorte de convulsion profonde, et, ayant l’air de me chasser du geste : « Allez ! Allez ! » dit-elle presque brutalement.
Elle fit quelques pas gauches et comme blessés. Puis elle reprit le dandinement de sa profession et passa la porte sans se retourner.
Je m’étais levé à moitié. Je retombai sur mon siège.
Je restai ainsi cinq ou dix minutes en me demandant si j’allais partir ou rester…
Une main se posa sur mon épaule. C’était Patrice.
— Venez, dit-il. Vous n’avez plus rien à faire ici.
Je le suivis.