Il l’interpella brutalement :

— C’est vous qui venez danser au Cupido ?

— Oui, répondit-elle.

— Alors montez là-dedans.

Il lui montrait une sorte de carriole à deux roues à laquelle était attelé un petit cheval à longue queue traînante.

— Votre bête n’est pas méchante ? demanda la danseuse.

— Montez, dit-il d’une voix rogue.

Alors elle me serra la main avec effusion, embrassa Marion, l’appela : « sa petite chatte », « sa belle chérie », et, toujours minaudant, toujours jacassant, elle se hissa, sous l’œil narquois du jeune voyou, dans le tape-cul. En affectant des airs las, le gamin grimpa à son tour sur le siège, prit les guides, fit : « Hé ! vieille carne !… » et pan !… fit claquer un tel coup de fouet que la « vieille carne », affolée, bondit, et que la carriole eut l’air de s’envoler.

La pauvre danseuse s’était cramponnée au rebord de la voiture et poussait des cris stridents.

— Pauvre femme ! dit Marion, mi-souriant mi-apitoyée.