Il poussa la porte. Nous nous trouvâmes dans un long corridor étroit et sale qui sentait l’humidité.
— Venez, dit Patrice.
Je lui emboîtai le pas. Je trouvais la plaisanterie stupide.
— Quel bouge, hein ? faisait Patrice, en souriant de ses rides violettes.
— Où m’emmenez-vous ? Ça pue la punaise et le rat !
Nous étions arrivés au bas d’un petit escalier dont la rampe était dans un piteux état : la moitié des barreaux étaient démolis et se balançaient dans des positions obliques et le revêtement de bois de la main courante avait entièrement disparu.
Mais soudain, je sentis l’odeur, — la sainte, la divine odeur.
— L’opium ! m’écriai-je. Ah ! vieux Patrice, ça n’est pas bête, ça !
Nous montâmes. Au haut du petit escalier il y avait un palier sur lequel deux portes s’ouvraient. Patrice me dit à mi-voix :
— Je vais entrer. Attendez ici. Ce sont des gens charmants. Mais il ne faut pas les brusquer.