Je rencontrai dans l’escalier son père qui descendait. De sa même voix faussement détachée, il me dit :
— Vous le trouverez toujours de ce monde. C’est à peine s’il a eu quelques petits râles.
— Vous partez ? lui demandai-je.
— Je vais au temple. C’est mon tour de prêche. Mais j’espère rentrer vers minuit.
La mort avait déjà commencé de faire son œuvre sur le visage de Josué. Le nez s’était pincé ; l’ossature des pommettes se dessinait nettement sous la peau de cire jaune.
— Comment vous sentez-vous ? lui dis-je.
— Bien, fit-il. Quoique… depuis un instant… Il n’acheva pas.
— Je vais rester auprès de vous, fis-je. Je me tournai vers les deux femmes qui depuis l’après-midi n’avaient pas bougé de place :
— Allez vous reposer, leur dis-je. Je le veillerai.
Elles se levèrent et s’en allèrent sans un mot et sans même regarder le mourant.