— Mort ? me demanda-t-il.

— Oui, mort ! répondis-je. Tué par des fous !

— Mais, fit Zarnitsky, est-ce qu’il n’y a pas que des fous ?

Minuit sonnait. Je montai dans ma chambre et me mis au lit.

XX

Je n’assistai pas à l’enterrement du pauvre Josué.

Pour trois raisons :

1o Parce que, quand on est mort, on est mort, — j’ai toujours pensé cela. Le cadavre n’est rien qu’une hideuse caricature de celui qui a vécu… Rien de l’ex-vivant ne reste là-dedans… Il faut le fuir comme l’âme elle-même l’a fui. S’attarder autour de cette dépouille, c’est vraiment vouloir prolonger dans la laideur, dans l’horreur, une chose qui a été belle, car vivante.

2o parce que je me serais retrouvé avec ces gens de la Société des Pêcheurs, ce père insensé, pour qui j’éprouvais une sorte de haine.

3o parce que la mort de Josué Coulombier m’avait donné une frénésie de vie et de lutte. Plus que jamais je voulais partir et gagner ces terres du Nord où j’allais avoir à jouer de toutes mes forces physiques…