— Le terrain est mauvais ?
— J’ai eu beau retourner le sable et gratter le rocher : pas un gramme d’or.
— Allons donc ! m’écriai-je. Comment avez-vous pu voir ça en cinq heures de temps ? Je vais y aller…
Je m’équipai à la hâte et, sans prendre mes outils, armé seulement de mon fusil, je partis.
Je fis toute l’anse de la rivière, longeant d’abord le fleuve qui coulait en chantonnant sur le sable rouge, longeant les falaises pour revenir. Je fouillai les rochers, déplaçai d’énormes blocs de schiste, grimpai après les aspérités de granits dont les feldspaths brillaient d’un certain éclat jaune qui (je commençais à être mordu !) me faisait battre le cœur.
Je revins à la tente alors que la nuit était déjà tombée et en me guidant sur les appels de Patrice, qui, toutes les deux ou trois minutes, me donnait la direction.
— Eh bien ? fit-il en me voyant sortir de l’ombre.
— Eh bien, dis-je, un peu angoissé, je n’ai rien trouvé, — moi non plus.
Je jetai mon fusil sur le grabat ; je me laissai tomber à côté, et, de bas en haut, regardant Patrice, qui, les bras croisés, me regardait :
— Voyons ! dis-je. Qu’est-ce que c’est que cette blague ?