«Après vingt-cinq ans, il ne reste que les grandes choses et les grands hommes, Napoléon et Chateaubriand.
«Trouvez bon que je dépose ces quelques vers à votre porte. Depuis longtemps vous avez fait une paix généreuse avec l'ombre illustre qui les a inspirés.
«Permettez-moi, Monsieur le vicomte, de vous les offrir comme une nouvelle marque de mon ancienne et profonde admiration.
«VICTOR HUGO.»
M. DE CHATEAUBRIAND À VICTOR HUGO.
«Paris, 18 février 1840.
«Je ne crois point à moi, Monsieur, je ne crois qu'en Bonaparte. C'est lui qui a fait et écrit la paix qu'il a bien voulu me donner à Sainte-Hélène. Votre dernier poëme est digne de votre talent. Je sens, plus que personne, l'immensité du génie de Napoléon, mais avec ces réserves que vous avez faites vous-même dans deux ou trois de vos plus belles odes. Quelle que soit la grandeur d'une renommée, je préférerai toujours la liberté à la gloire.
«Vous savez, Monsieur, que je vous attends à l'Académie.
«Dévouement et admiration.