LE DUC MATHIEU DE MONTMORENCY À Mme RÉCAMIER.
«Paris, ce 18 décembre.
«Vous croirez réellement, aimable amie, que je veux vous tenir en charte privée, et hier soir je n'ai pas même eu le bonheur d'en profiter. J'en ai été désolé. Jusqu'à onze heures j'ai voulu conserver l'espérance d'aller à cette chère Abbaye. Je veux m'en dédommager aujourd'hui entre quatre et cinq heures.
«Votre second et très-second ami arrivera incessamment, demain ou après-demain au plus tard. J'ai beaucoup à vous parler de ses dispositions qui pourraient me faire sourire, si la chose n'était beaucoup plus grave.
«Je vous renouvelle mes tendres hommages.»
LE VICOMTE DE CHATEAUBRIAND À Mme RÉCAMIER.
«Paris, 1822.
«J'ai vu Polignac. Je lui ai déclaré que la chute de Villèle était la mienne, et que j'avais lié mon sort au sien, par la raison que lui seul avait été franc et loyal pour moi. Vous voyez qu'il n'y a pas de quoi s'inquiéter. J'ai déclaré en même temps à Polignac que je n'étais point l'ennemi de M. de Montmorency, et que loin de désirer sa place et de rester à favoriser les ambitions et les partis, j'allais retourner à Londres.
«Quant à vous, je vous aime plus que ma vie. De quoi vous plaignez-vous? Je souffre horriblement, mais je suis à vous, peines et plaisirs, joies et douleurs. À demain.