«Rome, samedi 25 octobre 1828.
«Je suis bien fâché que le courrier extraordinaire, que j'ai expédié à Paris avant hier, m'ait surpris, car la lettre qu'il vous porte aurait été plus détaillée, et j'avais sur ma position et sur mes affaires en France plusieurs choses à vous dire.
«J'ai presque fini mes visites aux artistes. Ils veulent bien en paraître contents. Vous savez qu'on élève par souscription un monument à votre grand ami Le Tasse. Je vais souscrire, mais je voudrais bien que le roi de France souscrivît. L'empereur d'Autriche vient de donner deux cents sequins, et on en fait grand bruit. J'ai déjà mis votre idée en train pour le tombeau du Poussin; nous verrons plus tard pour celui de Claude Lorrain. Vous voyez que je cherche à tromper mes ennuis, en m'occupant de tout ce qui vous occupait. Je vous retrouve partout et pour tout.
«M. de Forbin est arrivé hier. Il est venu à l'ambassade. Je ne l'ai pas vu; on le dit fort changé. Je vais aller lui rendre sa visite aujourd'hui. En allant chez tous les peintres, je suis allé chez celui qui a subi un emprisonnement. Il est, du reste, très-peu intéressant. Je vais lui acheter deux petits tableaux; il a grand besoin d'argent.
«Midi.
«Voilà le courrier et une très-longue et très-bonne lettre de vous, du 12. Jugez de ma joie; et ce qu'il y a de plus heureux, c'est que j'ai fait tout ce que vous me recommandez de faire.
«1° J'ai écrit mes impressions;
«2° J'ai écrit toutes les postes;
«3° J'ai dit de s'entendre avec Taylor.
«Eh bien! ne vous devinai-je pas? Adieu aujourd'hui, mais seulement jusqu'à lundi prochain.»