— Malheureusement !… Voulez-vous que j’aille la mettre ?

— Oh ! je n’oserais pas…

— Mais c’est l’affaire d’une seconde !

Et j’étais loin avant qu’il eût fini sa phrase.

Comme je le lui avais dit, un instant après je rentrais. Seulement la jupe de cette aïeule que je ne connais pas est bien trop longue pour moi ; j’avais beau la relever à deux mains, mes pieds se prenaient dans l’ourlet, de sorte que j’avançais en trébuchant, et comme à la fin je la laissai aller pour faire à M. de Civreuse une belle révérence de cour, il se trouva qu’en m’approchant de la cheminée, je me pris dedans, je ne sais comment, et je tombai rudement sur les deux genoux.

M. Pierre jeta une exclamation, une espèce de cri, ma foi, qui me fit plaisir, et il fit le geste de se lever impétueusement.

— Et votre genou ! lui criai-je. Ne bougez pas !

Puis je me remis sur pied lestement et je m’assis dans mon fauteuil. Mais il était inquiet.

— Vous n’êtes pas blessée, vous en êtes bien sûre ? me disait-il… Mon Dieu ! quelle idée absurde j’ai eue de vous faire mettre cela !… Vraiment, vous n’avez rien ?…

Je répondais : non, le cœur un peu battant… pas de ma chute, mais de cette voix anxieuse qui m’interrogeait, et au bout d’un quart d’heure seulement, pour me laisser me reprendre, il se mit à sa tâche.