— C’est que je ne dessine pas très bien, balbutiai-je, toute saisie de me voir prise au mot ;… je n’ai jamais fait que le portrait de Un.
— Eh bien, dit-il, je me trouverai en excellente compagnie.
Il me tendit un carton, une feuille de papier, du fusain, des crayons, et se posant de trois quarts :
— Suis-je bien ainsi ? me demanda-t-il.
Je répondis :
— Parfaitement.
J’étais tout à fait déconcertée, et il se fût mis sur la tête que j’aurais dit de même.
Machinalement, pourtant, je commençai, le regardant comme je l’avais vu faire pour moi, et le trouvant beau comme j’aurais voulu seulement qu’il m’eût trouvée aussi.
Mais, au bout d’un quart d’heure, j’étais lasse, énervée incapable de continuer. La figure qui était sur mon papier représentait tout ce qu’on voulait, une perruque de juge, un épouvantail à moineaux ou un roi nègre, et je me rappelai mes essais de l’hiver précédent, quand je m’amusais à dessiner mon chien, et qu’en dépit de tous mes efforts, je donnais à mon favori une tête de mouton, une fourrure d’ours et quatre pattes grêles qui n’auraient pas porté un king-charles.
En toute autre occasion, j’aurais ri ; mais les minutes que je comptais, toujours en songeant au départ, me mettaient l’esprit à l’envers, et je sentis que les larmes me montaient aux yeux. C’était ce que j’avais juré qui ne serait pas, et je courus à la cheminée prête à y lancer mon papier, en disant :