Pour le coup, ç’a été notre dernier mot ! l’ahurissement a repris le dessus, et je ne lui ai plus arraché un geste jusqu’au moment où son père a crié depuis là-bas :
— Eh ! garçon ! y es-tu ?
Je laisse à croire s’il y était, et s’il en avait long à raconter, encore !
— Pense à moi quand vous chercherez, lui ai-je dit au moment où la carriole passait la porte ; c’est très sérieux, tu sais ?
Et je suis remontée jusqu’ici en courant, ravie de ma matinée.
Tout à l’heure, j’ai rencontré Benoîte dans le corridor, et, malgré la pile d’assiettes qu’elle tenait, je l’ai embrassée à pleins bras en lui criant :
— Réjouis-toi, Benoîte ! aujourd’hui nous casserons des noix toute la soirée.
— Des noix ! m’a-t-elle dit, pourquoi faire ? Est-ce que tu as envie d’en manger ?
— Eh ! non, ma pauvre vieille, c’est pour nous amuser ! Il paraît que ça fait rire, ce métier-là.
Elle est partie en secouant la tête ; mais elle m’a promis de descendre un sac du grenier et de nous trouver deux marteaux pour taper au coin du feu !