Puis, j’ai peur que mes suppositions et mes soucis ne soient plus de la foi complète, et la mère Lancien a dit : « Aveugle ! » Alors je m’arrête, je me bouche les oreilles et les yeux, et je ne pense plus à rien.
13 mars.
Mes prières se renouvellent si souvent, tant de fois dans un jour je viens m’agenouiller devant ma statuette, que j’ai peur parfois de la lasser par ma monotonie, et je m’ingénie à varier mes formules.
Je retourne mes phrases ; sur le fond toujours pareil, je remets d’autres mots, je choisis mes expressions avec la coquetterie d’un écrivain soigneux, et je voudrais savoir plusieurs langues et pouvoir dire ma prière le matin en français, à midi en italien et le soir en espagnol pour varier un peu.
A mesure que le temps passe, d’ailleurs, mon espoir s’affermit, et c’est maintenant une certitude !
14 mars.
Plus que cinq jours !…
Malgré moi, par instants, je me trouble. Cet événement qui vient si vite et qui va changer toute ma vie, m’impressionne et m’agite.
Pourtant, il me semble que je devrais me préparer un peu déjà, et ce matin je me suis mise à ranger mes affaires et les bibelots que j’aime.
Pendant ce temps, Benoîte est entrée, et comme elle me regardait plier deux robes d’été :