— Soyez tranquille, vous y ressemblez plus que vous ne le croyez ! a-t-il dit.
Puis, comme il a compris que la phrase, après tout, n’était aimable qu’à moitié, il s’est hâté de continuer avant que j’aie pu répondre un mot.
— Et votre chien, Mademoiselle, pourquoi l’avez-vous laissé dehors ? Ce n’est pas à cause de moi, j’espère ?
— Mais j’avais peur qu’il ne vous fatiguât…
Et, comme il faisait un signe négatif, j’ai couru ouvrir la porte, et ce fou de « Un » est entré d’un bond, se roulant sur mes pieds, collant son museau sur mes genoux, et me renversant à moitié dans l’ardeur de ses caresses.
M. de Civreuse le regardait faire sans rien dire et, au moment où je m’agenouillais près de lui pour lui laisser passer ses pattes autour de mon cou :
— Vous l’aimez beaucoup ? m’a-t-il demandé.
— Infiniment ! ai-je répondu avec feu… Ma pauvre vieille bonne d’abord, et lui après : voilà mes deux plus chères affections !
— Et la tante, en troisième ligne alors ? a-t-il dit à mi-voix, parlant plutôt pour lui que pour moi, je pense.
J’ai marmotté sur le même ton :