A G. A. W.
Nymphe du sourire en dessous et du coup d'œil de côté,
Dans quels plus divins moments de la journée
Es-tu la plus séduisante? Est-ce lorsque, t'écartant des droits chemins,
Tu t'engages dans les labyrinthes des douces paroles?
Ou lorsque avec sérénité tu vagabondes en un ravissement
De pensée plus raisonnable? Ou lorsque, partant au loin
En costume désordonné pour affronter les rayons du matin,
Tu jettes les fleurs éparses dans ta danse vertigineuse?
Peut-être est-ce lorsque tes lèvres de rubis s'entrouvrent délicieusement,
Et restent ainsi parce que tu écoutes:
Mais tu as été éduquée si exclusivement en vue de plaire
Qu'il m'est impossible de dire jamais quelle disposition est la meilleure.
J'aurai aussi vite jugé quelle Grâce plus élégamment
Danse devant Apollon, que résolu cette question.
Avril 1816.
O SOLITUDE
O Solitude! si je dois habiter avec toi,
Que ce ne soit pas parmi les entassements confus
De sombres masures! Gravis avec moi le pic escarpé,—
Observatoire de la nature,—d'où le vallon
Avec ses pentes fleuries et le gazouillis cristallin de sa rivière,
Puisse sembler un empan[1]; que je passe tes veillées
Sous des voûtes de branches où le daim, par ses bonds rapides,
Ecarte l'abeille sauvage de la digitale à clochettes.
Mais, quoique je sois heureux d'assister à ces scènes en ta compagnie,
Pourtant, l'aimable causerie avec un esprit naïf,
Dont les propos sont des images de pensées délicates
Est la joie de mon âme; et, sûrement ce doit être
A peu près la plus haute félicité de la race humaine,
Lorsque dans tes retraites se réfugient deux âmes sœurs.
Mai 1816.
[1] C'est-à-dire puisse sembler de la taille de la main.