[Une nymphe, déguisée en papillon, lui sert de guide. Ils explorent le monde souterrain et rencontrent d'abord Vénus et Adonis.]
Après avoir parcouru mille détours,
Enfin, avançant soudain, il pénétra dans
Une pièce, tapissée de myrtes, formant un berceau très élevé,
Remplie de lumière, d'encens, d'harmonieux accords,
Et de ce qu'il y avait à la fois d'admirable et d'étrange:
Car sur une couche de satin d'une splendeur rosée
Au centre, reposait un éphèbe endormi
De la plus enivrante beauté; plus enivrante en vérité
Que les désirs ne pouvaient la sonder ou la jouissance l'atteindre:
Puis des tentures aux tons dorés de la pêche
Ou des soucis fanés par la maturité d'Octobre,
Tombaient rutilantes à ses côtés avec mille replis—
Sans rien cacher de la courbe Apollonienne
De la nuque et de l'épaule, ni de l'écartement
D'un genou à l'autre, ni des chevilles accrochant la lumière;
Mais plutôt, livrant sans voile ses charmes au regard,
Généreusement. De profil son visage était appuyé
Sur un bras blanc, et tendrement demi-closes
Par la plus tendre pression, les lèvres vermeilles
Dessinaient une moue alanguie causée par le sommeil; de même la chaude matinée
Fait s'entr'ouvrir la rose aux pétales humides. Au-dessus de sa tête
Quatre tiges de lys mariaient leurs blancs honneurs
Pour former une couronne; autour de lui croissaient
Toutes les vrilles vertes, de floraisons et de nuances infinies,
Entrelacées les unes aux autres et fraîchement liées:
La vigne aux pousses luisantes; les mailles du lierre
Ombrageant ses baies Ethiopiennes; le chèvre-feuille des bois
Aux feuilles veloutées, aux divines fleurs en forme de cors;
Le convolvulus aux corolles ardemment panachées;
Le creeper, mûrissant pour rougir en automne;
La clématite des haies, grimpant allègrement,
Avec d'autres plantes ses sœurs. Tout près
Veillaient des Amours paisibles et silencieux.
L'un, agenouillé à côté d'une lyre, en touchait les cordes,
Dont il assourdissait les sons avec ses ailes;
Et, de temps en temps il se levait pour observer
Le sommeil de l'éphèbe; pendant qu'un autre saisissait
Une branche de saule, qui distillait une rosée odorante,
Et la secouait sur sa chevelure; un autre pénétrait
Par la toiture tissée, et à chaque battement d'aile
Faisait pleuvoir des violettes sur ses yeux assoupis.
Tout à coup sous une arche rugueuse, à travers la pénombre au-dessous d'eux
Apparaît la mère des dieux, Cybèle, seule, toute seule,
Sur un sombre char; un manteau noir drapant
Sa majestueuse stature, le front pâle comme la mort,
Couronné de tourelles. Quatre lions à l'épaisse crinière
Traînent les indolentes roues; solennelles sont leurs mâchoires ventrues,
Leurs yeux menacent dissimulés sous les sourcils, leurs lourdes pattes
S'étirent comme dans le sommeil, et leurs queues nerveusement
Font trembler leurs poils hérissés. Silencieuse passe
La reine, comme une ombre, et elle disparaît dans l'obscurité d'une autre arche.
[Après avoir enfin entrevu son amante inconnue, Endymion visita la région des fleuves souterrains où il aperçut Alphée et Aréthuse, ensuite.]
Il se retourna—là retentit un son puissant—il marcha,
Apparût là une lumière plus froide; alors il se dirigea
Vers elle par un sentier sablonneux, et Io!
Voici qu'en moins de temps qu'un instant ne fuit,
Les visions de la terre furent dissoutes et envolées—
Il aperçut la mer géante au-dessus de sa tête.