Mot digne des barbares idoles du Mexique ou de Carthage. Alors une belle Polonaise, épouvantée pour la Pologne, crut adoucir son cœur, se donna au vampire.

Elle revint encore en 1814 à Fontainebleau quand il s’empoisonnait. Il lui ferma sa porte. Et même à Sainte-Hélène, il a fermé son cœur aux Polonais, ne reconnaît pas leurs services.


Mais que pensait l’armée ? Les boues et l’aspect pauvre du pays lui déplaisaient.

Et cependant plusieurs parlaient pour la Pologne. Non seulement Murat, toujours à l’affût d’une royauté. Mais Davout, tête froide, esprit pratique, qui voyait ce qu’on pourrait tirer d’un tel enthousiasme en présence de l’armée russe qui s’avançait. Bonaparte alléguait qu’il ne fallait pas s’attirer l’Autriche sur les bras en encourageant la Pologne.

Dans la réalité, ce qu’il craignait, c’était en secouant la flamme de laisser tomber une étincelle sur l’armée française elle-même.

Il croyait comme le czar, que la Pologne, était un foyer révolutionnaire, mais ne négligeait rien pour persuader aux Français que c’était un pays tout aristocratique : une noblesse, des serfs, point de peuple.

Chose fausse, ou fortement exagérée. D’abord, il y avait un peuple industriel dans les villes. Nous avons les Mémoires de Kilinski, le héros cordonnier de Varsovie. Et de nos jours, madame de Choiseul a peint l’effervescence patriotique des ouvriers de Vilna.

Pour la noblesse, c’était moins une caste qu’un grand peuple. Dans les guerres turques, la masse des innombrables cavaliers polonais, tout ce qui portait la lance avec sa petite flamme, était noble, sans difficulté. Aujourd’hui la noblesse se trouve même aux moindres conditions. Un de mes amis qui fit ce voyage, il y a dix ans, demanda combien il y avait de nobles dans la province. Il y en avait douze cent mille. Le valet d’écurie qui lui tirait les bottes était un noble.

Les gens même qui n’en sont pas là, qui ont un peu de terre, sont souvent très pauvres, n’ont qu’un seul paysan, et s’ils l’affranchissaient, mourraient de faim.