La Russie, par le travail d’une profonde transformation, subit les conditions fâcheuses d’un état provisoire qui, en histoire naturelle, accompagne les grandes métamorphoses, même les plus bienfaisantes au total.
L’Angleterre, à tous ceux qui s’informent d’elle, montre le chiffre de sa richesse qui augmente, mais sans la rajeunir.
Épuisée pour sa population des campagnes qui est le nerf de chaque peuple, elle voudra sans doute, dans sa grande sagesse pratique, la garantie solide d’une fédération générale d’Occident, c’est-à-dire du monde du travail contre un monde de guerre et de rapacité.
Au reste, ce déclin universel du siècle étonne peu quand on songe aux circonstances qui, dès sa naissance, semblaient lui présager peu de solidité.
Avez-vous quelquefois, en pleine nuit, sur un chemin de fer, aperçu de loin un convoi rapide qui vient à vous ? Ses deux gros yeux cyclopéens, ses étincelles, jettent l’effroi.
C’est juste ce qu’on vit alors, en 1800.
L’un était la terrible grande armée de Napoléon qui ruina l’Europe, en laissant la France épuisée, desséchée.
Oui, s’écrient les humanitaires, mais heureusement, l’autre œil flamboyant fut celui de la machine de Watt et de la grande armée des ouvriers, instrument bienfaisant de paix, d’utilité pour tous.
Provisoirement, cet instrument de paix aide la guerre par des capitaux infinis, sert la tyrannie maritime. Il fournit des forces inépuisables pour les guerres de l’Europe et de l’Inde, d’où le choléra (1817), et mille maux.